levé 5h, il fait un froid de gueux, il n'y a quasi personne dans les rues. Il est trop tôt pour profiter du petit dej' inclus. Je chope un combi pour Juliaca, c'est 2,5 sols le trajet (quand je pense que j'ai payé mon taxi la veille 85 sols!!). On est 17 dans la voiture de la taille d'un combi volswagen, à peine plus grand qu'une espace! Laquelle tombe en panne à quelques kilomètres de Juliaca, on arrête un bus pour terminer le voyage. Le soleil se lève sur la pampa et le lac titicaca, c'est superbe. À Juliaca, je descends un peu au hasard, parce que j'ai vu tout un tas de bus, mais ce n'est pas là. Les gens sont gentils et m'arrêtent un tricycle qui m'emmène au bon endroit. Il y a foule malgré l'heure matinale: une vingtaine de bus sont prêts à partir. Je finis par être trouvé plutôt que trouver une personne envoyée par Cecovasa, je m'installe dans le bus et je redescends acheter quelques bricoles à manger et boire pour le voyage. Il m'offre un verre de « jus de quinoa » tout chaud, c'est délicieux! Ça a un goût fruité, il doivent ajouter quiche dedans parce que le quinoa est une céréale, comme le blé par exemple. C'est trop chaud, je n'ai pas le temps de le finir car le bus va partir, du coup la vendeuse me le fait « à emporter » : elle verse le liquide directement dans un sac plastique! Par très pratique pour boire avec les soubresauts sur la route, heureusement j'ai piqué les verres dans l'avion. Malheureusement mon tube de lessive a fui dessus... mais heureusement j'en ai pris deux et un est encore propre.
Il faut 5h pour traverser la « sierra », le plateau andin à 3800m. Les mêmes décors déserts qu'à Juliaca, des touffes d'herbe jaunes à l'infini, des troupeaux de vaches, de moutons, de chevaux, d'alpagas et de lamas, des petites cahutes de terre cuite au toit d'herbes sèches éparpillée et de temps en temps une école perdue au milieu de tout ça. Il y a même une église, une magnifique église assez improbable, au tours et au clocher de la même terre cuite noîratre, malheureusement le bus ne s'arrête pas, pas le temps de prendre de photos. Les Andes sont vraiment interminables. On fini, après avoir franchi un col au milieu d'une cordillère, par commencer à descendre le long d'une rivière, l'Inambari, qui se jette dans l'amazone. La végétation est plus verte, le ciel bleu pur laisse sa place à des nuages. La route serpente à flanc de montagne, les pentes sont quasi à pic. J'arrête vite de regarder en bas tellement j'en ai le vertige. La route est comme ça jusqu'à la fin, malheureusement. On atteint Sandia à 14h30. Je pensais qu'il ne restait que 4h, en fait on arrivera à 20h30 à Putina Punco. La route est beaucoup moins bonne après Sandia, le bus tangue plus qu'il ne roule, je m'accroche à mon siège de peur, j'essaye de profiter des plantes sur le bord de la route: aloés, tillandsias en fleurs, agaves, palmiers, fougères arborescentes... comme ça pendant tout le reste du voyage, jusqu'à ce que la nuit tombe vers 18h... après quoi j'essaye juste de dormir. On est retardé plusieurs fois par des camions venant dans l'autre sens ou stationnés sur la route. On arrive finalement à Putina. Il y plein de monde, je suis assez surpris. Célia m'avait dit qu'il y a 700 habitant dans le village, mais il doit y avoir pas mal de gens de passage, le district municipal compte 9000 habitants, éparpillés dans les vallées, les flancs de montagnes. Lapersonne qui devait m'attendre n'est pas là, heureusement le gérant d'une des coopératives de Cecovasa (Cecovasa est une « coopérative de coopérative » :) a voyagé avec moi et m'emmène au centre à quelques mètres de là. Il y a 4 chambre dans le bâtiment, les jeunes qui y sont m'en donnent une: de la terre partout sur le carrelage, des toiles d'araignées au plafond, de vieilles bouteilles qui traînent un peu partout... d'après ce que j'ai compris il ne savait pas que je venais. Inutile de changer de chambre, tout l'étage est comme ça. Les deux lits recouverts de couvertures est le seul endroit qui me paraît assez propre, je pose mon sac sur l'un et je m'endors sur l'autre: je suis fatigué, pas le moment de faire du ménage, on verra ça demain. Je veux prendre une douche car je n'en ai pas pris à l'hotel en partant, en visitant la chambre le réceptionniste m'a promis qu'il y avait de l'eau chaude mais impossible d'en avoir une goutte... manque de pot, une fois mes affaires de toilette dedans je referme la porte et elle reste vérouillée de l'intérieur. Je laisse tomber. La lumière y est restée allumée mais tant pis, d'ailleurs ça ne dure pas puisqu'il y a une coupure de courant. Les jeunes de Cecovasa viennent me réveiller pour me demander si je n'ai rien branché, évidemment non, ils finissent par comprendre que c'est une coupure dans tout le village et je peux retourner au lit. Tant pis s'il n'a pas de drap, il y a une couverture sur le matelas, une autre pour me blottir dessous. Je suis encore réveillé au milieu de la nuit par quelqu'un qui tambourine à ma porte, un gars complètement bourré qui veut à tout prix me souhaiter la bienvenue à 3h du matin, heureusement son ami parvient à l'emmener et je peux retourner dormir.
Salut mon fils!<br />
C'est la VIE, mon Willi !!! Gardes avec toi tout ces beaux souvenirs (y compris d'être réveillé par un poivrot à 3 heures du mat' !!!) Et continues de nous en faire profiter. Sommes avec toi. Dad et Moume ...