et oui, dimanche on ne fait rien comme des gros manches. Il n'y a pas d'eau le matin. Il paraît que c'est exceptionnel, qu'une conduite a dû sauter... mais depuis que je suis là ça arrive tous les deux jours!
Bref, je vais me baigner à la rivière. Au moins, là, il y a pas de rupture d'approvisionnement! Les abords sont crades mais l'eau est propre, il y a pas mal de courant. L'eau est un peu fraîche mais comme on dit, une fois qu'on est dedans...
de retour à Cecovasa, je vois par la fenêtre que le terrain de sport de l'école ne sert plus au séchage des cafés « parches » mais à une partie de volleyball. J'y vais évidemment, la plupart des joueurs sont des femmes, dont la serveuse du restaurant où tout les employés de Cecovasa mangent (flor de café). Gentillement, elle me laisse sa place. Ça joue pas mal, franchement y a un bon niveau, on croirait que c'est le sport national! Les femmes rigolent comme des folles chaque fois qu'elles loupent un ballon. Ça doit être une sorte d'exutoire pour elles, même si elles sont plutôt bien traitées...
la partie s'arrête une fois la nuit tombée. On a perdu les deux manches, je me suis bien dépensé et je reprendrai bien une douche si l'eau n'était pas coupée. Heureusement une des femmes ramène une bouteille de coca local, pas mauvais ma foi... toujours le même rituel du verre unique :) on boit devant le centre médical, à coté du terrain. Le docteur et l'infirmière avaient lâché leur service pour jouer. Je papote comme je peux avec les femmes, c'est à dire que je me présente et que j'explique ce que je fais là, je ne peux pas en dire beaucoup plus... :) mais je suis content de rencontrer directement des gens du cru.
La cloche de l'église a sonné a 18h. J'y suis allé à ce moment mais en fait ils sonnent plusieurs fois. C'est l'heure péruvienne. Ça commence vraiment 30 à 45 minutes plus tard. Je suis surpris, il n'y a pas foule. Surtout des vieux et les enfants du village. Le prêtre est Allemand, aidé des trois soeurs qui habitent le village, à coté de l'église. L'une d'elle m'a offert de venir la voir si j'ai envie de parler. J'irai bientot, je verrai. Ne serait-ce que pour trouver un orphelinat pour Bibou et ses scouts, et lui confier les affaires que je ne mettrais plus et qu'il ne sert à rien que je ramène en France.
De retour à Cecovasa, je trouve l'étage complètement inondé. 2 cm d'eau partout (heureusement, ma chambre est épargnée). Ces cons de Péruviens ont oublié que l'eau pouvait revenir et que donc il fallait pas laisser le robinet de la douche grand ouvert !
En plus la porte de la chambre ou la douche coule est fermée. Heureusement la fenêtre est restée ouverte, je réussi à passer par là pour couper l'eau. Les balais sont enfermés dans une autre chambre, pratique! et cette fois pas de fenêtre par où passer, je dois me contenter d'une espèce de balai-serpillère qui est rapidement imbibée et qui me rend très peu efficace. Je laisse tomber au bout d'un quart d'heure, il est 19h et j'ai pas encore mangé, tout va être fermé...
Après le repas, Tiber le responsable du hangar de stockage du café est rentré (avec les clés de sa chambre où étaient enfermés les balais). On en a pour une heure et demie à virer l'eau. Je suis trop fatigué quand je me couche, pour être énervé. Mais quand même.